The Lost Diggers, les photos retrouvées

En ce 25 avril a lieu l’ANZAC Day, manifestation qui commémore le sacrifice des soldats de l’ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps) morts lors des batailles de la Première Guerre Mondiale. Notamment dans la sanglante bataille des Dardanelles pendant la 1ère Guerre Mondiale.

Pour résumer rapidement cette bataille, il s’agit d’une terrible défaite des alliés dans une tentative de s’emparer d’Istanbul afin d’éliminer l’Empire Ottoman de la guerre. Ce dernier était le puissant allié de l'empire Austro-Hongrois et de l'Allemagne. Cette bataille causa de très lourdes pertes, notamment chez les Australiens et les néo-zélandais (8 141 Australiens furent tués au cours de cette bataille).


Du coup des célébrations ont lieu en Australie, Nouvelle-Zélande, aux Samoa, aux Tonga, aux îles Cook, à Niue, en Nouvelle-Calédonie mais pas que - et c’est là où je veux en venir – ça se passe également en ce moment à Bullecourt, près d’Arras (dans le Pas-de-Calais ), ville près de 14000 soldats Australiens sont tombés.

A cette occasion, cette année on inaugure le Musée Jean et Denise Letaille. Alors dit comme ça, ça n’a l’air de rien mais en vérité c’est extraordinaire car il présente près de 4000 plaques photographiques de soldats de la Première Guerre mondiale, surtout des Australiens. Ces photos sont magnifiques et je n’ai pu résister à l’envie de créer cet article pour en parler tellement c’est beau et tellement on parle peu de la 1ère Guerre Mondiale par rapport à la seconde.


Pour la petite histoire les 4000 plaques ont été prises par un couple de fermiers de la ville, Louis Thuillier et son épouse Antoinette entre 1915 et 1919 puis ont été découvertes en 1990 et stockées dans un grenier de Vignacourt (près d’Amiens, dans la Somme) par son neveu Robert Crognier, photographe professionnel et correspondant de presse.

Louis Thuillier s'était pris de passion pour la photographie en 1914 et a initié son épouse Antoinette. A l'époque la démarche était exceptionnelle.

Tous ces clichés sont un extraordinaire témoignage sur les soldats de passage dans cette ville proche du champ de bataille de la Somme. Mais personnellement si c’étaient de simples photos de soldats je ne m’y serais pas intéressé plus que ça, après tout il n’y a rien de nouveau, on en trouve de grandes quantités à cette période. Ce qui m’a vraiment sauté aux yeux c’est la qualité et la beauté de ses photos. D’ailleurs je ne suis pas le seul :
"Lorsqu'en 1990, je découvrais pour la première fois la collection de plaques de verres de Vignacourt, j'avais été particulièrement frappé par la qualité des prises de vues, par le naturel et la décontraction des portraits."
Laurent Mirouze, revue Militaria.
Laurent Mirouze justement - en plus d’être du même avis que moi – a joué un rôle extrêmement important dans cette histoire car ce n’est que 20 ans après la découverte qu’on a commencé à s’intéresser à tout ce stock de portraits et c’est lui qui a été le déclencheur de cette histoire qui a traversé les continents. C’est un historien amateur du Loir-et-Cher, spécialiste de la guerre 14-18 et au cours de ses recherches il atterrit à Vignacourt puis rencontre Robert Crognier qui lui présente le trésor. D’emblée, Laurent se rend compte qu’il se trouve devant un véritable trésor de mémoire.

Dès lors tout s’enchaine,  il écrit alors deux articles dans la revue Militaria Magazine et début 2011 Channel Seven tourne un reportage sur cette découverte : The Lost Diggers. Il est diffusé en février 2011 et créé un "buzz" énorme en Australie : 7 millions de personnes ont vu l'émission ou se sont connectés sur la page Facebook the lost diggers qui présente un certain nombre de ces photos.

Grâce à cette page, près de 50 soldats ont pu être identifiés avec certitude dont un héros national, Joe Maxwell.

Les historiens australiens de l'Australian War Memorial de Canberra qualifient tout ça "de découverte majeure de leur histoire". C’est peu dire…

Bon après tout ça il est quand même temps de vous montrer quelques unes de ces photos :











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